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 ɤ kill of the night.

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Gaella Coghlan
drag my teeth across your chest to taste your beating heart ƒ 4

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Pseudonyme : MoonOfBlood.
En ville depuis le : 12/01/2015
Nombre d'insultes postées : 47
Crédits : ruines. (avatar), alaska (sign), warriors (icons), Florence + The Machine (lyrics).
Célébrité : Rose Byrne.
Âge du personnage : 1 580 ans, la trentaine en apparence.
Métier : Mécène des arts, peintre à ses heures perdues.


MANUSCRIT D’ÉMERAUDE
Orientation : Neutre bon.
Statut : Bêta dominante, membre du clan Coghlan.
Capacités et inventaire :

MessageVen 30 Jan 2015 - 2:29



Kill of the night
première quête - situation n°2.



Gaella vivait probablement l’une des pires journées de ce début d’année. Outre le fait qu’elle ait passé ces deux dernières semaines à se ronger les sangs au sujet de ses fils – qui lui donnent plus d’une raison de s’inquiéter à chaque fois qu’ils ont le malheur de se rencontrer – elle se retrouvait à présent trempée des pieds à la tête. Ses sourcils froncés, sa mine abattue et les ridules sur son front suffisaient à dénoter de sa mauvaise humeur. Elle n’aimait pas être mouillée, surtout lorsqu’elle pouvait l’éviter. Néanmoins, il était pratiquement impossible, même pour un être comme elle, de combattre le vent brutal de cette fin d’après-midi boueuse. Les doigts aériens s’accrochaient à ses vêtements, tordaient ses mèches brunes ; ils n’avaient de cesse de lui ôter son capuchon, quand bien même elle s’échinait à le rabattre sur son crâne. Toutefois, aussi mal se sentait-elle, la mère-louve n’aurait pour rien au monde cédé à l’appel d’un abri. Elle n’était pas sortie pour rien, aujourd’hui. Quelque chose d’important la forçait à écumer les rues glacées d’Inverness sous la pluie battante, quelque chose qui lui remuait les tripes depuis bien trop longtemps pour qu’elle puisse l’occulter. Ezechiel était absent, son odeur tumultueuse s’effaçait au manoir, signe qu’il avait cessé d’y rôder depuis quelques jours. Au départ, elle avait essayé de ne pas y prêter trop attention, parce qu’elle connaissait son fils : il n’était guère casanier, bien plus animal qu’humain, trop loup pour son propre bien. Puis, lorsque la première semaine s’écoula, interminable, elle commença réellement à se soucier de lui. Pourquoi ne revenait-il pas ? Soucieuse, la lycanthrope s’était mise à décortiquer les événements précédant sa disparition, cherchant l’élément qui donnerait un sens à tout cela.

Elle attrapa une migraine affreuse, à force de se tourmenter ainsi, mais ce fut payant. Gaella se souvint d’une violente dispute entre son aîné et Caleb ; ça n’était pas si rare, malheureusement, mais cela aurait pu justifier qu’il délaisse le manoir. Seulement, quelles que furent ses raisons, elle peinait à se détourner de son absence. Ayant passé bien trop de temps sans lui lorsqu’il s’exila, souffrant de sa condition d’homme-loup, elle se sentait perdue à l’idée qu’il l’abandonne à nouveau. Jamais notion de famille n’avait été plus ancré en une personne que chez elle. Elle avait besoin de chaque membre de la sienne, parce qu’ensemble ils formaient un tout, ils étaient plus forts. Alors, la créature maternelle traqua son enfant. Elle passa des journées entières à remonter des pistes froides, à poser son museau sur la terre retournée, sur le goudron, à étudier de ses prunelles d’or fondu chaque scène. C’était un peu par hasard qu’elle s’était retrouvée aux environs du Carrousel ce jour-là ; elle ne pensait pas l’y trouver, c’était plutôt la tanière de dépravation de Caleb. Elle détestait jusqu’aux fondations de cet entrepôt mal famé, dont un démon avait pris possession afin d’en faire un nid de luxure. Elle ne comprenait pas l’intérêt de son puîné, quelle sorte d’amusement il pouvait trouver à fréquenter la boîte de nuit… A chaque fois qu’elle initiait la conversation à ce propos, il se braquait, arguait qu’elle ne comprenait pas. Tout ce qu’elle voyait, elle, c’était qu’elle s’inquiétait pour lui. Et qu’elle n’aimait vraiment pas le Carrousel.

Gaella fut donc très surprise d’y déceler le parfum tourmenté de son autre fils, puissant, ancré dans le bitume. C’était comme s’il avait passé une heure entière à arpenter le trottoir avant de se décider. L’après-midi s’était écoulée sans qu’elle ne le remarque, trop occupée à traquer sa proie, et le nightclub avait ouvert ses portes en début de soirée. Il n’y avait, pour le moment, pas énormément de monde devant les portes, mais elle savait que cela ne tarderait pas à affluer. Normes, Outres, Initiés. Le Carrousel était une mixture de tout ce que le monde avait, un mélange qu’elle aurait pu trouver respectable s’il n’était pas saupoudré d’engeance démoniaque, de perversité, de chaos. C’était l’enclave de la perdition. Elle s’immobilisa sur le trottoir d’en face, là où l’odeur d’Ezechiel était la plus tenace. Pour quelle obscure raison s’y était-il perdu, lui ? L’averse semblant s’intensifier et l’illumination se faisant attendre, elle emprunta le même chemin, non sans renâcler. Les embruns salins se mêlaient à l’écœurante senteur d’alcool régurgité, de sexe, d’abandon, de désespoir, de sale. Elle plissa le bout de son nez, se renfrognant d’autant plus. A son approche, le regard du videur s’anima d’une lueur interrogative. A croire qu’il ne voyait pas souvent de femme à la trentaine entamée venir ici… Ou alors, cela avait plutôt un lien avec son allure de chien mouillé. Quoi qu’il en soit, elle prit d’instinct un port plus assuré, délaissant ses nuages noirs dans un coin de son esprit. Epaules en arrière, sourire affable, elle glissa une main dans sa crinière humide pour y remettre un peu d’ordre. En un rien de temps, l’homme retrouva son air impassible, perdant son intérêt pour elle. Il n’y avait plus aucun obstacle entre Gaella et l’antre du mal, aussi franchit-elle les doubles portes sans l’ombre d’une hésitation. La piste d’Ezechiel la portait, l’attirait, chantait à ses oreilles comme la mélodie lancinante d’une sirène. Elle serait retournée dans les Enfers pour lui, parce qu’il était son fils. Ce n’était pas un simple nightclub qui allait l’empêcher de trouver le fin mot de cette histoire.

La musique se répercutait dans ses os, faisant parfois s’entrechoquer ses mâchoires. Elle lui vrillait les tempes, parasitait ses pensées, annihilait sa raison. L’ouïe débordée par ce surplus d’informations, elle s’orienta vers ses autres sens. La vue, tout d’abord, qui ne lui servit qu’à être éblouie par les flashs lumineux qui s’orientaient parfois dans sa direction. Elle eut également le loisir d’être accostée par quelques jeunes hommes et femmes anxieux de lui « faire plaisir », comme ils disaient. S’ils n’étaient pas vilains à regarder, les malheureux étaient loin de l’intéresser. Elle était comblée par Eoin ; seule sa traque importait. Le toucher et le goût ne lui auraient été d’aucune aide présentement, aussi opta-t-elle pour l’odorat. L’odeur du loup agacé formait comme un long ruban qu’elle s’empressa de suivre. Slalomant habilement entre les clients et les serveurs, elle arpenta la boîte de nuit avec grâce, tout son être tendu par l’angoisse. Elle n’aimait pas ce qu’elle sentait ici : tout était trop confus, trop brut. Cela puait le Mal sous toutes ses formes. Les poils de sa nuque se hérissèrent lorsqu’un Démon la frôla par inadvertance, mais elle se contint et força son passage en manquant de bousculer un couple de Faës femelles qui s’embrassaient à pleine bouche. Toute cette débauche éveillait les sens de l’animal en elle, ça l’écœurait aussi. Ce fut presque avec soulagement qu’elle laissa la foule en transe derrière elle afin d’emprunter des couloirs plus sombres, plongés dans une lueur rougeâtre. Ici, l’odeur d’Ezechiel était plus forte. Tout comme celle du sexe et… Elle marqua un temps d’hésitation, museau en avant. Celle du sang ? Ténue mais bien présente, il n’y avait aucun doute à avoir. Elle ne parvenait pas clairement à définir si elle était vieille ou fraîche, s’il y en avait énormément ou très peu. Tout était plongé dans la sombre décadence démoniaque, dans la magie sauvage, dans l’inconnu. Elle gronda malgré elle, perturbée par ses sens qui ne lui répondaient plus aussi bien. Ce n’était pas le genre de terrain qu’elle affectionnait : elle s’y sentait à l’étroit, épiée… Traquée. Le parfum de la chasse se retournait contre elle, lentement mais sûrement. Gaella s’immobilisa près d’une porte close, qui n’avait rien pour la différencier de toutes ses sœurs. Pourtant, elle su qu’il était là. Juste derrière. Seul ? Accompagné ? Elle peinait à le deviner. Une odeur de cigarette planait dans l’air, froide, cendrée, horripilante. Elle posa la paume droite sur le bois, le découvrant aussi suintant d’humidité et de vice qu’elle le craignait. De son autre main, elle actionna le mécanisme, poussa la cloison… et elle priait. Priait pour ne pas découvrir un sanglant spectacle, priait pour ne pas perdre une nouvelle fois son fils, priait pour quitter cet endroit au plus vite. Le poil hérissé, les babines retroussées, les pupilles dilatées, la mère-louve pénétra dans la pièce. Sa voix résonna pour la première fois de la journée, claire et assurée.

« Ezechiel ? »


howl at the moon.
My fingers claw your skin, try to tear my way in. You are the moon that breaks the night for which I have to howl. @ ALASKA.
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