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 ELLARTHUR † raise your glass with me tonight.

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Ella V. Harris
i put a spell on you
because you're mine ƒ 1

avatari put a spell on youbecause you're mine ƒ 1




Pseudonyme : MoonOfBlood / Jessica.
En ville depuis le : 08/07/2013
Nombre d'insultes postées : 153
Crédits : tearsflight + Alanis Morissete, I'm a bitch I'm a lover. + liloo_59.
Célébrité : Olive Wilde.
Âge du personnage : Vingt-neuf ans.
Métier : Officier de terrain du BFO.


MANUSCRIT D’ÉMERAUDE
Orientation : Chaotique bon.
Statut : Mage du sang.
Capacités et inventaire :

MessageLun 22 Juil 2013 - 23:16

Right right turn off the lights, We gonna lose our minds tonight. What’s the deal-y yo ? I love when it’s all too much, 5 am turn the radio up. Where’s the rock'n roll ? Party crasher, penny snatcher. Call me up if you a Gangsta. Don’t be fancy, just get dancy. Why so serious ?


La première rasade de tequila lui avait fait un bien fou. Tous ses muscles étaient douloureusement crispés après la journée qu’elle avait passé à enchaîner les séances d’entrainement avec ses clients. Je déteste ce boulot, maugréa-t-elle pensivement en commandant un nouveau verre. C’était faux, bien entendu. Même si ce n’était définitivement pas le travail dont elle avait pu rêver, cela lui permettait de conserver de bons réflexes et, de façon plus pragmatique, de vivre. Elle aurait pu se rabattre uniquement sur l’héritage familial comme le faisait son père, mais Ella n’avait jamais désiré dépendre de quiconque et encore moins d’un pécule qui aurait pu servir à d’autres choses plus importantes. Pour le moment, elle pouvait parfaitement s’assumer seule et elle le prouvait depuis maintenant neuf ans. C’était chaque mois une sorte de petite victoire personnelle lorsqu’elle signait son propre chèque. Quelque chose qu’elle oubliait volontiers dès qu’elle devait se mettre à compter ses économies ou lors d’un jour comme celui-ci. Exténuant. Exaspérant. Horripilant. Certains de ses habitués commençaient à avoir un niveau appréciable en self-défense, ils étaient même presque capables de se débrouiller tout seuls maintenant. Néanmoins, il arrivait qu’elle se retrouve engagée par des parents qui souhaitaient apprendre à leur progéniture adolescente quelques gestes utiles et là, la néo-zélandaise avait pratiquement envie de les abandonner dans une ruelle sombre au beau milieu de la nuit. Sans doute était-elle trop nerveuse après tout, elle manquait de patience et n’importe laquelle de ses connaissances pouvait affirmer sans se tromper qu’elle était d’une intolérance rare envers ses clients les moins motivés. En un mot comme en cent, elle n’aimait pas les feignants ; ceux qui se reposaient sur des acquis, des lauriers imaginaires, ceux qui pensaient que parce qu’ils connaissaient deux ou trois techniques, ils étaient vite devenus intouchables. Tous des idiots, d’après elle.

Elle renversa d’un geste vif le contenu de son shoot directement dans sa gorge et savoura la brûlure de l’alcool jusqu’à ne plus rien ressentir. Ce n’est qu’une fois apaisée par les deux verres de tequila qu’elle consentit à s’installer plus confortablement sur son tabouret et à laisser son regard divaguer sur la petite vingtaine de personnes présentes ce soir. Le Black Rose lui avait toujours paru plus vivant une fois la nuit tombée. Ce n’était pas le seul bar qu’elle fréquentait, loin de là, mais c’était sûrement le seul dont le nom finissait par importer au final – pub ou boîte de nuit, peu lui importait pourvu qu’elle y trouve ce qu’elle recherchait. Cette fois-ci, elle était entrée dans l’intention de se trouver une occupation pour la nuit. Passant une main dans sa chevelure dénouée, Ella dévisagea ses plus proches voisins de comptoir en passant en revue ses souvenirs pour déterminer si, oui ou non, elle avait déjà eu affaire à eux. Elle commençait à se dire que cette soirée était prometteuse lorsque ses prunelles glissèrent sur une silhouette connue. Pas encore toi, elle leva les yeux au ciel en réprimant une moue de déception. Etait-elle réellement déçue ou surprise de le trouver là ? Après tout, ils s’étaient rencontrés ici pratiquement un mois plus tôt et suite à ça, ils n’avaient pas cessé de se croiser un peu partout à Iverness. Cette ville était trop petite, pas assez remplie de monde au goût de la jeune mage qui aurait nettement préféré ne jamais recroiser un de ses anciens partenaires nocturnes. Elle attrapa distraitement son pendentif en forme d’étoile de David, jouant avec en hésitant sur la marche à suivre. Elle n’allait pas tourner des talons sous prétexte qu’il était là, elle n’allait pas lui offrir le plaisir de lui montrer qu’elle lui accordait plus d’importance qu’à un autre. Qu’il soit témoin de sa chasse ce soir ne la dérangeait pas plus que ça, et s’il avait le malheur de se la jouer « ex jaloux », elle saurait le remettre à sa place. Peut-être était-elle trop sûre d’elle sur la question, mais Ella avait tendance à faire confiance à ses capacités. Elle jeta un dernier coup d’œil à l’homme à l’autre bout du bar, qui semblait en grande conversation avec une anonyme petite blonde. Curieuse, Ella se pencha très légèrement sur le côté pour mieux la voir : plutôt petite, bronzée, avec une myriade de taches de rousseur sur son joli minois et un sourire lumineux. Elle reprit sa position initiale avant qu’Arthur ne la découvre en train de détailler sa prise, mais elle salua intérieurement son choix. La mignonne inconnue avait un air sportif qui n’était pas sans rappeler celui des surfeuses Australiennes comme Sally Fitzgibbons ; un visage avenant, des courbes délicieuses et surtout, cet adorable accent australien. Elle aimait les accents. Mais à cette distance, difficile de savoir si la proie du jeune homme était effectivement originaire de ce continent ou si elle n’en n’avait que l’allure.

Le barman déposa devant elle un verre rempli au trois quart d’un whisky pur malt et elle s’empressa de s’en emparer pour l’utiliser comme distraction. Elle se porterait mieux si elle cessait de penser à son ancien partenaire de l’autre côté du comptoir ; pivotant sur son tabouret, elle observa le reste de la salle avec un air de prédatrice qu’elle savait attirant. Les yeux grands ouverts sur le spectacle, les jambes croisées sur un jean moulant, un verre à la main et l’autre jouant négligemment avec le pendentif au bout de son long collier argenté. C’est facile d’attirer l’attention, ça l’est moins de faire comprendre d’un seul geste que l’on n’est pas intéressé par n’importe qui. Fort heureusement pour Ella, elle a rapidement appris à décourager les importuns avec une œillade froide ou un froncement de sourcils. Son propre intérêt finit toutefois par se porter vers le petit billard usé abandonné dans un coin ; un bel homme d’une trentaine d’années, grand et blond, tourne autour depuis quelques minutes. Elle s’intéresse de plus près à lui, s’attardant sur sa tenue impeccable, sa mâchoire carrée, son nez droit. L’éclat d’un iris d’un bleu céruléen fait naître un sourire sur son visage impassible : ce sera lui. Et personne d’autre. Il a des allures de divinité nordique et ça lui plaît. Pour ce soir en tout cas, c’est de lui dont elle aura envie. Balançant ses longues jambes dans le vide, elle le rejoint sans jeter un coup d’œil en arrière vers le duo qui ne va sûrement pas tarder à se bécoter. Arthur a du charme, elle le sait pertinemment, il a ce genre de charme qui colle à la peau, c’est un mauvais garçon qui donnerait presque l’impression de ne pas se soucier de vous, mais qui vous charme quand même. Avec un sourire ou un regard enflammé. Il n’y a pas si longtemps, c’était ça qu’elle voulait. Pas ce soir. Pas cette fois. Plus jamais, en un sens. Ce serait tellement facile pourtant de remettre le couvert avec lui, parce qu’elle le connaît déjà, parce qu’elle sait qu’il adore prendre le dessus, mais qu’il est agréablement surpris par les initiatives. En un soir, on peut en apprendre beaucoup sur quelqu’un. Trop, de l’avis de la mage qui tourne définitivement des talons pour rejoindre son dieu nordique.

Le baratin habituel s’en suit. « Vous êtes seul ? » « Plus maintenant ; vous jouez ? » « Je parie que je vous bat à plates coutures. » Elle sait jouer le rôle de la femme inexpérimentée, même si elle préfère largement être sincère sur ses capacités. Bon point pour le blond, il ne tente pas de lui apprendre quelques coups et relève le défi, amusé par sa témérité. Elle laisse tomber sa chemise en jean, dévoilant un simple haut bustier qui laisse ses épaules nues, pose son verre sur une table inoccupée et se saisit de la queue en la faisant tournoyer entre ses mains. Histoire de lui en mettre plein la vue. Ella, discrète et modeste ? Pas vraiment, non. Ils n’eurent le temps de ne faire qu’une seule et unique partie avant que le hasard ne vienne mettre ses gros sabots dans leur soirée. « Hey, Jon ! Tu nous avais caché que t’avais une petite-amie ! » « Ce n’est pas ma petite-amie. » « Alors tu veux bien nous la prêter, non ? Allez, sois pas comme ça, y’a plein d’autres filles que tu peux faire tomber. » Les trois gaillards qui viennent de s’incruster dans leur jeu sentent la bière, et pas la meilleure. Elle fronce des sourcils en s’appuyant contre la queue, son regard allant d’un type à l’autre. Après un court moment d’hésitation, son exceptionnel dieu nordique abdique avec un sourire d’excuse : « J’vous la laisse, Paul ! » et il la plante là, avec un panache digne d’un roi. Sur l’instant, Ella meurt d’envie de lui fracasser cette foutue queue de billard sur le crâne, mais elle n’en fait rien. Au contraire, elle reste d’un calme olympien. « Alors, comment tu t’appelles ma jolie ? » « Laisse-moi deviner ! Euh, Grace ? » « Mais non, dis pas n’importe quoi ! Ashley ? » Ses traits restent figés dans l’impassibilité la plus totale pendant qu’elle range les boules dans le triangle, raccroche la queue et lorsqu’elle fait mine de reprendre sa veste, l’un d’eux a le malheur de poser sa paluche sur son épaule. « J’ai passé une mauvaise, très mauvaise journée mon gars. Alors vire ta main de là avant que je ne te brise le poignet. Premier et dernier avertissement. » « Ouh ! C’est qu’elle mordrait ! Allez, viens par-là, fais pas ta dame ! » Loin de lui obéir, il resserre même sa prise pour l’inciter à se tourner vers lui. Le sang d’Ella ne fait qu’un tour, et tant pis si cela finit par lui attirer des ennuis ; elle échappe à sa poigne mollassonne, agrippe son poignet et le tort violemment, avant de le repousser brusquement. « Dégagez ! » Sa voix ne s’élève pas plus que nécessaire, mais ses yeux lancent des éclairs. L’alcool qu’elle a bu juste avant l’empêche de réagir assez vite lorsque l’un de trois ivrognes l’attrape par le bras et, dans une manœuvre vigoureuse pour se dépêtrer, elle perd l’équilibre et heurte quelqu’un dans sa « presque » chute. Oh non. Pas lui. Sourire Colgate, air innocent, elle se redresse et lâche son épaule sur laquelle elle s’est rattrapée. « Hey ! Arthur ! Comment ça va depuis la dernière fois ? » Après tout, ce n’était pas comme s’ils s’évitaient depuis des semaines. Ce n’était pas comme si trois types complètement éméchés ne venaient pas dans leur direction. Ce n’était pas comme si elle venait de déclencher une bagarre dans un pub. Ce n’était pas du tout ça, n’est-ce pas ? Elle lui rend son regard, dans lequel elle lit une surprise tout à fait légitime et une colère en passe de devenir tangible. Il ne lui vient même pas à l’esprit qu’elle vient de l’interrompre dans un moment de flirt ou qu’elle l’attire dans des emmerdes plus grosses que lui. Non. Bizarrement, la seule chose qu’elle parvient à penser sur le moment, c’est qu’elle aurait sûrement dû choisir la solution de facilité ce soir. J’aurais dû coucher avec toi, c’est toi que j’aurais dû choisir.


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Dernière édition par Ella V. Harris le Mar 23 Juil 2013 - 1:29, édité 1 fois
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MessageMar 23 Juil 2013 - 0:29

Je dois être honnête, et ça ne m'arrive pas souvent. Objectivement donc, Holly est bourrée de qualités. Elle n'est pas très grande, un peu moins d'un mètre soixante, ce qui rend le ratio volume / qualités d'autant plus impressionnant. Holly a un regard qui pétille au point qu'on croirait qu'elle a pris des substances un peu illicites ou qu'elle est presque beurrée comme une pâtisserie bretonne, ce qui est sans doute le cas à cette heure avancée de la soirée. Holly a un sourire très mignon, que son accent australien et ses petites fossettes d'un ovale parfait mettent très en valeur. Mais Holly n'a pas qu'un physique de surfeuse australienne - ce qui fait et qui valide déjà à mon sens que je me sois lancé dans un numéro de séduction - elle a un caractère qui me tape dans l'oeil et beaucoup de conversation. Si l'accès à ma couche fonctionnait comme un entretien d'embauche, je serais déjà en train de lui serrer la main et lui tendre le contrat à signer. J'ai déjà glissé avant que je ne me sentais pas d'attaque à vivre une relation longue. Non seulement ça attire toujours l'attention des filles quand c'est dit avec ce petit air malheureux, mais ça m'évite des ennuis. Et je n'ai même pas eu besoin de mentir en disant que j'étais sorti d'une relation tumultueuse. Sauf que le tumulte, c'était moi, que je me suis comporté comme la dernière des enflures et que j'ai battu mon propre record à ce jeu-là. Mais je n'allais pas le préciser à Holly. Depuis quand serais-je sincère, hum ?

« Sans rire ? Ca a l'air formidable ! » J'accompagne ma remarque faussement enthousiaste d'un grand sourire. Le grand sourire numéro deux. J'en ai plusieurs dans mon panel - je ne vous dirais pas combien - et je les sélectionne avec soin. Parler avec autrui, c'est comme jouer à la bataille ou à n'importe quel jeu de cartes. Sauf que je triche toujours un peu. Mon australienne en petite robe bleue se lance dans l'anecdote que je lui ai demandé de détailler. Je ne suis pas totalement intéressé, bien sûr. Le sport, je m'en tape. Je ne regarde ça que par convention sociale, et il en faut beaucoup pour m'arracher à de la littérature pour voir une bande de gogos livrer un match quelconque - sauf si, à la rigueur, je peux taper dans quelques bières. C'est moins l'anecdote que la personne la racontant qui m'intéresse. Elle est vraiment très mignonne, Holly. Je ne vais pas la laisser filer comme ça. Je hoche la tête à intervalles réguliers et appropriés, j'ai l'habitude de faire semblant d'être attentif. Mon regard balaie le bar. Je suis toujours un peu paranoïaque. J'ai peur qu'une saloperie surnaturelle ne débarque et mette fin à ce très agréable moment. Mon regard croise des prunelles nettement plus bleues que la robe de la surfeuse australienne. Mais que diable Ella fiche-t-elle ici ? Je lui lance une oeillade interrogatrice en douce mais elle s'est déjà détournée. J'en fais autant. Ne pas lâcher la proie pour l'ombre, tout ça.

« Je reprendrais bien un verre, pas toi ? »

La conversation se relance quelques secondes. Timing parfait : je n'avais plus grand chose à dire sur cette formidable histoire de tortues de mer à l'est de Canberra. Dans un élan de virilité débile, je pourrais me vanter de ce petit succès auprès de Zola un jour. Sauf qu'on n'est pas virilement débiles ni l'un ni l'autre et que Zola est un peu distant en ce moment. Et puis je ne suis pas débile. Ni étymologiquement, ni au sens qu'on donne maintenant à ce mot. Une nouvelle gorgée de bière me permet de rebondir sur un autre sujet. Elle reste combien de temps à Inverness, déjà? Encore une petite semaine ? Holly me le confirme. Une semaine, c'est long. Ca nous laisse largement le temps de faire des choses que la morale chrétienne réprouve quand elles n'entrent pas dans le cadre du mariage - et même dans ce cadre, je crois. Ils ne sont ni très amusants ni très imaginatifs. J'ai envie de fêter ma presque victoire en fumant une bonne petite clope, mais je ne suis pas certain que ma future conquête au mode de vie healthy apprécie. Je sors encore le grand jeu, je me penche vers elle pour lui demander. Approcher mon visage à quelques centimètres du sien, c'est sensuel et ça a un bon taux de réussite.

« Est-ce que ... »« Allez, viens par-là, fais pas ta dame ! »

Enfoiré. Bachi-Bouzouk, gueulard imbibé de vinasse, traîne-potence, comme aurait dit l'autre. Quel est le tocard qui vient de me couper la parole en braillant tel le veau entraîné à l'abattoir, là-bas, de l'autre côté de la salle ? Je n'ai pas le temps de trouver la réponse à cette question, seulement de froncer les sourcils. Il faut déjà que je me crispe un peu pour encaisser le choc, une masse non identifiée dotée de mouvement est précipitée vers moi. La silhouette trouve vite une identité lorsqu'elle m’agrippe l'épaule. Ella. « Hey ! Arthur ! Comment ça va depuis la dernière fois ? » Je crois que mon regard, intense, noir comme un flacon d'encre de Chine dépressif est suffisamment éloquent. Il résume assez bien ma pensée.

What. The. Fuck. Are. You. Doing ?

Ella repart déjà vers les bélitres qui braillaient comme des babouins tout à l'heure. Je me lève à demi, par réflexe. Pas par réflexe de retenir Ella, mais parce que mon corps s'est adapté à ma nouvelle vie de casseur de créatures surnaturelles. Je dégrise en un rien de temps, et les livres sterling que je viens de claquer pour être euphorique ont été jetées par les fenêtres. Je ne me sens pas à mon aise, là. J'ai l'impression que ça va dégénérer, et je me retrouve pris entre deux émotions simples mais contradictoires. Je n'ai pas envie d'être au milieu de cette merde. Mais j'ai le sentiment qu'il est déjà trop tard. En partie parce qu'Ella m'a piqué mon verre. Une bière pression, encore à moitié remplie, 'fais chier. Tout se passe très vite, je suis déjà levé. Holly m'est sortie de l'esprit quelques secondes, et en fille intelligente d'un mètre cinquante sept, elle prend la tangente discrètement. Je remets ma veste en quatrième vitesse, et le fait de sentir à nouveau mon couteau balloter contre moi dans une poche intérieure me donne un regain d'énergie. Ca va bien se passer parce qu'on ne va pas jouer les héros. Je m'avance vers le groupe, j'essaie d'être calme. Une dizaine de mes petits mantras me viennent en tête et me permettent de ne pas m'affoler trop vite. Ca va aller. J'ai des sueurs froides, mais ça va aller.

« On va se calmer, les gars. »

Mon ton est aussi neutre que possible. Je sais que ça ne va pas servir à grand chose. Ces types sont déjà bourrés, mais qu'est-ce que je fous là ? J'ai envie de hurler un truc et de partir. J'ai fait de la prison. Je ne peux pas me permettre de m'immiscer dans une bagarre de bar. Je ne veux pas y retourner. J'ai trop peur. Etre séparé de Zola, vivre entre ces quatre murs, dans cette tension permanente ... Plus jamais. On me connaît, ici. Les autorités retrouveraient si vite ma trace ... Bon dieu, Ella, mais dans quoi tu m'as embarqué ?

« Joe, tu peux appeller un taxi pour la petite dame ? Je crois qu'il vaut mieux qu'elle rentre chez elle. »

Le barman m'a entendu. Je le sens crispé derrière son comptoir. Ca va dégénérer. Je le sais. Il le sait. Ella le sait. Ces trois tocards le savent déjà. Et mon australienne s'est fait la malle. Au moment où je me retourne à nouveau vers eux, j'aperçois quelque chose qui fonce vers moi. Un poing. Un putain de poing. Des réflexes sur lesquels je n'aurais pas parié me permettent d'esquiver de justesse ce coup et de faire une clé incertaine à ce type. Pour une raison qui m'échappe, mon coude va se ficher dans le profil de ce gars. Je crois que je l'ai cogné à l'oreille, et que le sang qui s'échappe de sa plaie est du à mon avant-bras et aux détails de mon blouson. Il y a une fermeture sur mon blouson, je suppose que ça vient de là. Putain, je ne suis pas certain d'être dans les limites de la légitime défense. Je n'ai pas les moyens de payer une amende. Je ne veux pas retourner en tôle. J'essaie de dire un truc à Ella, mais on m’interromps avec un coup venu de nulle part. J'ai la tête qui tourne, l'éthanol fait son effet. Je ne sais pas d'où ça vient. J'ai mal. J'en veux à Ella de m'avoir entraîné là-dedans.
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Ella V. Harris
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Pseudonyme : MoonOfBlood / Jessica.
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MessageMar 23 Juil 2013 - 2:03

Deux shoots de tequila et un verre de whisky sec n’ont jamais suffi à faire tourner la tête d’Ella Harris ; on ne s’improvise pas un marathon-bars toutes les deux ou trois semaines si l’on ne remplit pas les conditions nécessaires. Tenir l’alcool est l’une des premières. Ne pas s’écrouler de fatigue après plus de vingt heures sans sommeil entre probablement en sixième ou septième position. Quant aux autres, elles sont diverses et variées, plus ou moins importantes. En ce qui concerne son classement personnel, la belle brune se situe vaguement dans le top dix. Si elle n’est pas la meilleure du coin, elle n’en reste pas moins suffisamment endurante pour être encore debout et relativement alerte à sept heures et demi du matin. Sans compter les milligrammes d’éthanol qui courent alors dans ses veines. Peut-être est-ce pas qu’elle est hémokinésiste qu’elle n’est pas aussi touchée par les effets secondaires d’une prise massive d’alcool ? Peut-être que cela vient juste du fait qu’elle tient bien ce genre de psychotrope. Quoi qu’il en soit, ce soir-là précisément, elle se sent tout à fait apte à répliquer face à ces trois Goliath en puissance ; ils la dépassent aisément d’une tête, font sûrement deux fois son poids, mais entre la graisse et les muscles qu’ils arborent gravite tout un océan de bières bon marché. L’odeur est encore plus rance de minutes en minutes. La brève collision avec Arthur a comme un effet boule de neige sur sa situation qui semble sur le point de dégénérer rapidement. Pourtant, elle ne peut pas se permettre une garde-à-vue ou autre chose de semblable, principalement parce qu’elle ne supporterait pas de voir son oncle poser sur elle un regard déçu et ensuite parce qu’elle n’a jamais vraiment aimé les espaces clos. Une maison, une pièce passe encore. Mais une cellule, c’est dépressif. Néanmoins, Ella se sent d’une humeur de chien ce soir et c’est sans réfléchir qu’elle attrape la chope aux trois quart pleine du Feannag par l’anse, prête à s’en servir d’arme s’il le faut. A ses côtés, son compagnon d’infortune incite au calme tout en faisant appel au barman derrière le comptoir. Elle jette un bref regard à Joe, qui a le teint blême de celui qui devine qu’il va y avoir de la casse. Elle s’excuse d’une grimace malhabile, se jurant intérieurement de rembourser jusqu’au dernier penny si l’altercation provoquait des dégâts matériels. Pendant cette seconde d’inattention durant laquelle elle n’a plus l’œil posé sur les trois loubards, l’un d’eux s’attaque à Arthur. Son premier réflexe serait de lui venir en aide, cependant elle à bientôt autre chose à faire que de se soucier de la vie de Dubois puisque les deux autres – dont celui auquel elle a violemment tordu le poignet, elle le reconnaît à sa chemise tâchée de bière – se dirigent vers elle.

Instinctivement, elle accueille le plus proche en lui balançant son poing à la figure. Celui qui tient la chope de bière. Le verre se brise en un million de petits morceaux et elle réalise à peine qu’elle a failli lui faire nettement plus mal que ce qu’elle voulait ; Dame Chance est pour une fois de son côté puisque le gorille n’arbore rien de plus que quelques égratignures. Au moins, il est sonné pour le reste de la soirée. Le second l’attrape par le bras, la secouant comme un vulgaire arbrisseau et elle se sent sur le point de rendre sa tequila. Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir la remuer comme ça ? Ne savent-ils pas frapper simplement ? Mal à l’aise sur ses jambes flageolantes, Ella tente toutefois de reprendre le dessus en se libérant de sa prise, puis en s’éloignant en quelques sautillements énergiques. Se positionnant automatiquement en position de boxe, elle lève les poings devant son visage, prête à encaisser. Arthur étouffe un grognement, sans doute suite à un coup mal placé, et elle se demande ce qu’il attend pour répliquer. Il avait l’air d’un homme débrouillard, non ? Levant les yeux au ciel, elle pivote sur ses pieds pour asséner un bref coup de genou dans le ventre de son assaillant. « T’as peur qu’il te morde ? » qu’elle lui demande un peu trop vite, en esquivant les bras tendus de l’ivrogne au souffle coupé. « Désolée pour les emmerdes ! » Celui qui est encore debout, avec la chemise sale, attrape le tabouret où était assise Ella quelques minutes plus tôt. Derrière lui, Joe ouvre des yeux ronds comme des assiettes. Et merde. « Fais pas ça ! » Les mots sortent avant qu’elle ne puisse les retenir, mais elle s’empresse de tenter d’agir en agrippant l’autre côté du tabouret. Et les voilà qui s’échinent à reprendre le dessus. On pourrait presque croire qu’ils s’amusent. Non ? Soudain, la jeune femme trébuche sur le troisième type affalé par terre et elle se retrouve en position de faiblesse. Où est Arthur ? Tiens, et l’australienne alors ? Et le dieu nordique ? C’est fou le nombre de questions qui peuvent fuser dans un esprit légèrement gris lorsque l’adrénaline s’en mêle. Tous les détails ont de l’importance, tout paraît plus vif, plus coloré. Finalement, ce sont ses propres cours d’auto-défense qui lui sauvent la vie. Si c’est un homme qui vous attaque, visez les parties génitales. C’est votre sauf-conduit. Sa propre voix résonne encore à ses oreilles lorsque son pied, rehaussé d’une botte à petits talons, s’enfonce entre les deux jambes du dénommé Paul. Il relâche son arme improvisé pour se saisir les bijoux de famille à deux mains, en étouffant un couinement grotesque. Presque fière d’elle, Ella remarque à peine qu’elle a la main gauche sur un amas de verre brisé et qu’elle pisse le sang. Non, ça, ce n’est pas important. Elle vient de mettre à terre un gars, ça c’est de l’exploit. Le fait qu’un myriade de morceaux tranchants s’incrustent dans sa paume, ça…

Un léger picotement la tire finalement de sa béate admiration. « Arthur… ? » Sa voix est teintée d’un soupçon d’interrogation. C’est son sang ? A elle ? C’est sûr ? Peut-être était-elle plus éméchée qu’elle ne le pensait si elle en était venue au point de ne pas ressentir la douleur. Une petite voix lui pousse à utiliser son pouvoir, mais elle n’en fait rien. Elle n’est pas assez saoule pour ça. Ella se relève maladroitement en prenant appui sur son autre bras. Lorsqu’elle se redresse, le monde tourne un peu, mais Joe a l’air rassuré alors elle esquisse un nouveau sourire plutôt fier. Elle ignore comment le Feannag s’est débrouillé pour gagner la partie, au final, ça importe peu. Elle attrape une serviette en papier sur le comptoir, laissant les clients se remettre à parler au sujet de cet évènement ô combien fascinant, essuie le sang qui macule sa main et s’adresse à Arthur : « C’était marrant, hein ? … T’étais pas avec une belle blonde y’a pas quelques minutes ? » Ouais, elle est pompette, c’est officiel. Cette désinvolture ne lui ressemble pas énormément, bien qu’elle soit capable d’être flegmatique au naturel, elle est tellement désintéressée qu’il n’est pas difficile de remarquer que la tequila lui est un peu montée à la tête. Ou bien est-ce le whisky, aidé par l’adrénaline ? D’habitude, elle tient mieux que ça l’alcool… D’ailleurs, elle se considère comme étant lucide présentement. Elle l’est, en fait. Plus ou moins. Elle ne marche pas en zigzag, elle a le regard franc, des gestes assurés, mais son débit de paroles est un peu trop rapide et son cheminement de pensées un peu trop étrange. Même pour elle. Alors oui, ça ne se voit peut-être pas physiquement, mais elle a le sang qui bouillonne si fort à ses oreilles qu’elle jurerait qu’il brûle. « Oh, merde. » Son regard vient de tomber sur sa main aux multiples éraflures incrustées de bouts de verre. « Je crois que je vais avoir besoin de ce taxi, finalement. » Inutile de penser à conduire avec une main dans un état pareil. En plus de ça, la douleur commençait à pointer le bout de son affreux museau. Finie la rigolade. L'alcool n'allait plus faire effet très longtemps et elle ne sera sûrement pas aussi désinvolte dans une paire de dizaines de minutes.


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MessageMar 23 Juil 2013 - 22:44

 « Tu fais très bonne impression. »   C'est la phrase d'accroche d'un des romans de Bret Easton Ellis, que je classe sans trop d'hésitations dans mes auteurs préférés. Dans ce bouquin, il se fend de tout un petit laius expliquant la raison de cette phrase. Si j'écris demain dans un carnet « tu as une sale gueule », je n'aurais pas besoin de beaucoup d'explications. Néanmoins, voici les faits.

Lorsque j'ai appelé au calme – il n'y a que dans les films que ça marche. Et encore, pas tous – je me suis pris un sale coup dans l'estomac. Ca ne m'arrive heureusement pas souvent, mais c'est dans ces moments-là que je remercie le ciel de ne pas être très grand. Je suis plutôt content que ce genoux n'ait pas heurté une partie autrement plus sensible de mon anatomie située plus bas. J'ai vu flou pendant quelques secondes. Ce genre de collision ne vous fait jamais de bien. Mes entrailles se sont retournées, j'ai eu le pressentiment fatidique que j'allais être hors de la course pour cause de vomissements pré gueule de bois en plus de la douleur aigüe. Il n'en a rien été. Prêt à faire face à tous les dangers ou à me barrer le plus vite possible, j'ai reçu un coup dans le visage cette fois. Point d'impact, face gauche du menton. J'ai encore toutes mes dents, mais je me suis salement mordu et je vais avoir un bien bel hématome. D'autant que ce tocard n'a pas atteint que mon menton, son poing a salement remonté vers mon arcade. Je ne l'ai pas senti contre mon œil, mais je crois que j'aurais une coupure quelque part vers le front.

J'ai eu sacrément mal. J'ignore avec quoi il m'a frappé. Ca fait un mal de chien. C'est dans ce genre de moments que mon Instinct intervient, et il ne m'a jamais déçu. Ella braille quelque chose, je n'en ai pas la moindre idée et je m'en soucierai plus tard. Elle s'est déjà retournée lorsque je décoche un sale coup à ce type. Je vise mieux que lui et je le vois se tordre en deux sous l'effet de la douleur. Oui, ça fait horriblement mal, ce genre de coups. Ca n'est pas loyal, tous les mecs le savent. Sauf que je n'ai jamais été très fair-play, et ce n'est pas une bagarre de bar que je vais commencer.
Les lumières du bar me tiennent aveuglé quelques minutes de plus. Je vois trente-six chandelles, j'ai l'impression que je vais tituber et m'effondrer. Mon Instinct et mon Intuition, ces incroyables manifestations de mon inconscient de mon instinct de survie, ne servent pas à grand-chose quand mon corps a envie de me lâcher. Je m'adosse contre un mur pour reprendre mon souffle. Il me faut de l'air frais. Vite, de surcroît. Je tourne la tête vers Joe, et il me semble qu'il saisit quelque chose dont je n'ai pas la moindre idée. Passée l'adrénaline, après la frousse que j'ai eu, il n'y a plus qu'une émotion qui m'habite. Un calme un peu lointain. J'entends très mal les voix derrière-moi. Je dois être encore un peu sonné. Mon corps est discipliné. Il redresse la tête quand je sens qu'il faut que je sois un peu droit pour marcher. Je ne lui ordonne pas de le faire, j'ai l'impression qu'il le sent tout seul. J'ai l'impression de me dédoubler, que mon cerveau a besoin d'une pause, de passer en pilote automatique. Ca arrive à tout le monde. Ca m'arrive quand je veux me rouler une clope, par exemple : je peux avoir l'esprit ailleurs, mon corps retrouve les gestes à faire. Comment pourrait-il ne pas se souvenir de la manière dont on marche ?

J'avance petit à petit, pas après pas dans la vallée de l'ombre et de la mort. Ou peut-être jusque dans ce bar. Je bifurque sans m'en rendre compte dans les toilettes et lorsque je reprends un peu mieux mes esprits, je suis penché au dessus du lavabo. [i]Et j'ai une sale gueule/[i] Je me passe un peu d'eau sur le visage. Je reste penché. Est-ce que mon corps va rejeter tout cet alcool et mes tripes se rappeller à moi ? Rien. Tant mieux. Je me mets encore un peu d'eau sur mes égratignures. Ca n'arrangera rien, mais j'ai besoin d'un peu de fraîcheur. On étouffe. Je réalise que j'ai encore ma veste, et mon Intuition en profite pour me glisser que je peux sortir du bar, je n'oublie rien. Peut-être qu'ils ne retrouveront pas ma trace … Non, ça, je m'en occuperai demain.

Je suis à deux pas de la sortie quand Ella me rattrape. Elle a meilleure mine que moi. Je ne sais pas qui est le plus sobre de nous deux, toute fois. Je n'arrive pas à réfléchir. Une partie de mon cerveau est focalisée sur le fait que j'ai été entraîné là-dedans à cause d'elle, je lui en veux. Avant, j'étais tranquillement occupé à … A … « T'étais pas avec une belle blonde y a pas quelques minutes ? » Mon Intuition me souffle la réponse, dans un grognement difficilement audible.

« La ferme. »

Je lève les yeux au ciel en l'entendant gémir. Je m'en fous des blessures des autres, d'accord ? Ca ne sont pas mes oignons, parce que ça n'est pas mon corps. Il n'y a que lorsqu'il s'agit de Zola que je me sens concerné. Parce qu'on sait très bien dans ma famille, tous autant qu'on est, que je donnerai n'importe lequel de mes organes pour lui permettre de se remettre sur pieds. A ce moment, ce serait mon corps. Mais là, c'est le corps d'Ella. Et là tout de suite, le corps d'Ella, je m'en fiche comme de mon premier stylo. « Ca suffit. » Je lui empoigne le bras et la force à sortir dehors, sans ménagements. Elle est un peu bourrée et risque de tomber face la première ? Je m'en fous. Elle a des talons hauts et il risque de lui arriver la même chose face à une perte d'équilibre provoquée par mon geste sans ménagements ? Je m'en fous, vous dis-je.

« J'avais pas envie que tu me mêles à ça. » Pour une raison qui m'échappe, nous nous dirigeons tous les deux dans la même direction, loin du bar. Plutôt vite, d'ailleurs. Je n'ai aucune envie d'attiser la curiosité des clients qui consommaient en terrasse.  J'aimerais que rien ne se soit passé. Je ne me sens pas au mieux de ma forme alors que je passais une superbe soirée avec cette fille, Molly ou quelque chose comme ça, et qu'il était possible que ma soirée finisse encore mieux que ça.  « J'ai failli aller en taule ... » Ne vous méprenez pas, ma voix ne baisse pas. Je lâche juste un juron très imaginatif que la décence m'interdira de reporter par écrit. « Tu me dois une bière ! »

Ensuite, mon corps me lâche. Je m'effondre sur la surface la plus proche, un porche de maison dans une rue mal éclairée. J'en profite pour masser un peu mes tempes, reprendre ma respiration. Ca ressemble à un bad trip, mais un tout petit. Rien d'aussi intense qu'une mauvaise réaction à la suite d'une prise de drogues. Je ne suis quand même pas au mieux de ma forme et j'en profite pour me calmer. Ca va aller. Je ne vais pas retourner en taule. Pas pour coups et blessures. Et la police ne va pas enquêter sur moi, déterrer d'autres choses et me demander des comptes. On ne va pas me séparer de Zola une fois de plus. Je n'y retournerai pas, je …
Je m'allume une clope. Il n'y a plus que le bout rougeoyant de ma cigarette pour éclairer mon visage. La rue est calme, déserte. L'air sent la pluie. Je ne suis pas sûr qu'Ella aperçoive mon regard noir.
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Ella V. Harris
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Pseudonyme : MoonOfBlood / Jessica.
En ville depuis le : 08/07/2013
Nombre d'insultes postées : 153
Crédits : tearsflight + Alanis Morissete, I'm a bitch I'm a lover. + liloo_59.
Célébrité : Olive Wilde.
Âge du personnage : Vingt-neuf ans.
Métier : Officier de terrain du BFO.


MANUSCRIT D’ÉMERAUDE
Orientation : Chaotique bon.
Statut : Mage du sang.
Capacités et inventaire :

MessageMer 24 Juil 2013 - 0:34

Naïvement, Ella pensait que quelqu’un allait finir par appeler un foutu taxi pour qu’elle puisse rentrer chez elle, prendre une interminable douche chaude et enlever ces irritables morceaux de verres de sa paume écorchée. Inconsciemment, sa main s’était mise à trembler légèrement depuis que la douleur refaisait surface ; elle se savait incapable de se servir pour le moment de ses doigts, alors quant à saisir un volant ou empoigner un levier de vitesse, c’était pratiquement impossible. Maintenant que l’adrénaline s’épuisait à travers ses veines, la jeune femme commençait à ressentir les premiers effets d’une courte bagarre couplée à une journée entière d’entraînements. Ses muscles se raidissaient sensiblement, son dos lui faisait mal à cause de la chute, elle souffrait même d’une légère douleur à la cheville gauche probablement due au moment où elle avait trébuché contre l’autre. Préoccupée par l’état de sa blessure, elle ne remarqua bien évidemment pas la brève disparition d’Arthur ou même son air renfrogné – d’ailleurs, même si elle avait capté son regard noir, elle n’aurait pas hésité à revenir vers lui. Le reste d’éthanol l’aidait à contourner ses inhibitions, la poussant à commettre des actes peu réfléchis. Ou peut-être qu’elle voulait simplement passer le reste de sa soirée au calme, seule. Se servir de Dubois comme chauffeur, comme infirmier, lui paraissait être une excellente idée sur l’instant. Sur l’instant seulement. « La ferme. » C’est clair, net et précis. Bizarrement, ça ne ressemblait pas vraiment au type charmeur dont elle se souvenait, mais elle n’est pas surprise par ce revirement. N’importe qui serait désagréable avec une gueule aussi amochée que la sienne ; elle effleura ses propres traits de sa main valide : rien qu’une bosse sur la pommette gauche, pas de plaie. Finalement, Ella s’en était beaucoup mieux sorti que lui. Elle ouvrit la bouche pour s’excuser, mais il l’attrapa par le bras et la tira derrière lui. Sa prise n’était pas réellement forte, néanmoins son geste lui fit grincer des dents derrière son nuage de bonne humeur. « Ça va, ça va, lâche-moi… » se mit-elle à marmonner sans qu’il ne l’entende. Vers où allaient-ils ? Elle jeta un bref regard à sa voiture dans le parking, suffisamment sonnée pour être docile. De toute façon, prendre la route dans son état n’aurait strictement servi à rien. Sauf peut-être à se tuer en chemin.

« J’avais pas envie que tu me mêles à ça. » « Ben on est deux alors. J’aurais préféré que tu restes avec ta blonde, t’aurais été moins abîmé. » Sa réplique est lancée d’un ton un peu bougon, presque du bout des lèvres tandis qu’elle se laisse mener par le Feannag. Jusqu’où compte-t-il aller à pieds ? « J’ai failli aller en taule. » Elle choisit de passer outre le juron qu’il prononce à la fin et hausse les épaules. Et alors ? Elle a presque envie de lui balancer une petite pique pour qu’il craque. Elle le sent sur les nerfs, et ça l’amuse de le voir aussi énervé pour une altercation comme celle-ci. D’un autre côté, elle comprend parfaitement qu’il ne veuille pas aller derrière des barreaux puisqu’elle-même ne supporterait pas d’être enfermée dans une cellule minuscule avec des étrangers. Alors elle ne dit rien, se contentant de trottiner derrière lui, mal assurée à cause de sa cheville affaiblie. Ses yeux se posent sur sa main qui tient toujours son bras, puis dérive jusqu’à son épaule, son profil. Il a vraiment l’air énervé. « Tu me dois une bière. » L’incohérence de sa déclaration lui arrache un rire étranglé, mais sincère. « Pas ce soir, t’es plus soûl que moi. » Elle n’est pas sûre de cette affirmation cependant, un rien la fait douter. Ils marchent ainsi pendant de longues, longues minutes jusqu’à ce qu’Arthur s’effondre sur un porche sans demander son reste. Ella reste immobile, incertaine, hésitante. Outre la colère qui perce jusque dans sa voix, il n’a vraiment pas l’air dans son assiette. Elle l’observe se masser les temps, expirer, inspirer, s’allumer une dose de nicotine. « Hey… » Elle s’agenouille en face de lui, se félicitant de ne pas avoir cédé à son envie de mettre une jupe, et pose sa main libre sur son genou. L’autre pend misérablement de l’autre côté, laissant le goudron usé absorber quelques gouttes de sang. C’est superficiel, elle le sait, mais la douleur est bel et bien là, elle. Elle grimace en reprend un visage avenant. « Hey, ça va aller, Arthur. Y’a pas eu de casse, ces types étaient tellement beurrés qu’ils se souviendront de rien. Quant à Joe, s’il avait dû appeler les flics, il l’aurait fait avant qu’on se tire. » Sa cheville réclame grâce, incapable de supporter son poids plus longtemps. La mage se laisse tomber tout près de lui, veillant à ne pas toucher sa paume écorchée. « Et c’était d’énormes connards. Légitime défense. » Elle paraît sûre d’elle, elle est certaine d’être dans son droit. Pourtant, elle sait que les choses sont plus compliquées qu’il n’y paraît et que, bien trop souvent, ceux qui sont encore debout sont considérés comme les véritables fautifs lors d’une bagarre. Pourtant, elle n’en démord pas et garde son air satisfait. Elle a raison, en un sens ; si le barman avait appelé les autorités, ils auraient sûrement fini en cellule de dégrisement et peut-être même en prison. Mais ils sont partis, il n’y a plus rien à dire.

Dans la pénombre du porche, elle peine à distinguer les prunelles vindicatives du Feannag, ce qui ne l’empêche pas de ressentir sa colère pulser jusque sous son épiderme. La peur, peut-être aussi. Une pointe de crainte, de panique. N’importe qui paniquerait à l’idée de se retrouver enfermé comme une bête. Elle frissonne. De sa main droite, la valide, elle lui pique la cigarette pour prendre une taffe rassérénant avant de la lui rendre. « Tu m’en veux ? Ouais, évidemment que tu m’en veux. Je voulais pas t’entraîner là-dedans. » Elle lui coule un regard indéchiffrable. « T’aurais pu t’en aller avec ta blonde. T’étais bien parti, après tout. » Il se pourrait qu'elle ait effectivement surveillé le couple une ou deux fois pendant la partie de billard, il se pourrait oui. Enfin, elle ne l'admettrait jamais. Quel intérêt ? C'est juste une distraction comme une autre, de constater comment son ancien partenaire s'en sortait cette fois-ci. Lui avait-il sorti son baratin habituel ? Elle est un peu trop curieuse. L’air sent la pluie. Peut-être qu’une averse va leur tomber sur la tronche, qui sait ? Ella se fait la réflexion qu’un peu d’eau lui ferait du bien, que ça nettoierait sa blessure et l’aiderait à y voir plus clair. Qu’est-ce qu’elle fait là ? Elle aurait pu se défaire de sa poigne, rester au bar jusqu’à ce que Joe lui appelle un taxi. Mais non, elle l’a laissé la traîner jusqu’ici. Jusqu’où, exactement ? Elle plisse des paupières pour trouver un panneau. Rien. Rien que le silence, la nuit, l’odeur de la pluie. « Et maintenant, t’es tout seul. Avec moi. Tout perdu. Fallait prendre la tangente. » Ne pas jouer au chevalier blanc qui veut que tout le monde vive en paix et en harmonie. Fallait que tu t’en ailles, Arthur. Le monde est violent, le monde est con. Vois ce que tu as récolté en voulant apaiser les choses. Rien que des coups.

La première goutte lui tombe sur le bout du nez. La seconde sur son jean. La troisième sur sa paume écorchée. Et presque instantanément, c’est le déluge. Pas la grande crue, non, plutôt le genre de crachin fugace qui mouille jusqu’aux os. Tellement fine que cette garce s’infiltre jusque dans votre cou, entre les couches de vêtements. « Ma voiture est au bar. » annonce-t-elle d’une voix sans ton. Ella observe la cigarette d’Arthur qui grésille et s’éteint, l’esquisse d’un sourire aux lèvres. La vie, cette grande salope. « T’iras pas en prison. » Elle se redresse, se lève pendant que la pluie redouble d’intensité. « Allez, viens ! Faut qu’on sorte de là. Viens chez moi. » Elle lui tend la main. « Je t’offrirais une bière si tu y tiens. Et tu me soigneras. Et on pourra s’envoyer en l’air. » Un blanc. « Je plaisante. » qu’elle se sent obligée de rajouter, au cas où il n’aurait pas saisi l’ironie. « Je ne refais jamais deux fois la même erreur. » Son sourire en coin devrait suffire à le convaincre qu’elle tente de détendre l’atmosphère entre eux. De lui faire penser à autre chose qu’à la prison, qu’à cet incident dans ce bar. Au fur et à mesure que ses vêtements s’alourdissent, son esprit retrouve un cheminement de pensées plus clair et la douleur dans sa main se fait plus présente. Bonjour sobriété, adieu insouciance. C’est bien beau de vouloir se tirer d’ici, mais par où fallait-il aller ? Faire demi-tour jusqu’au bar ? Continuer à pieds ? Peut-être avait-il un moyen de les faire quitter cette ruelle déserte… Après tout, c’était bien lui qui les avait entraînés jusqu’ici, non ?


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MessageVen 26 Juil 2013 - 18:34

En la voyant s'approcher comme ça de moi, poser une main sur mon genou et me fixer avec intensité, je me rappelle pourquoi j'avais voulu mettre Ella dans mon lit. Pas seulement parce que j'avais deux grammes dans chaque œil et que j'ai des goûts certains – encore que ça englobe les hommes et les femmes, je peux me permettre d'être un peu plus difficile quand je drague tout ce qui est humain et à ma convenance. Parce que c'était une jolie fille. Elle me paraît quand même nettement moins jolie, là. La colère y est pour beaucoup. J'aurais bien aimé qu'elle ait une estafilade aussi. Un truc au visage. C'est dégueulasse que mon visage ait été touché et pas le sien. En plus, j'ai pris un sale coup dans l'estomac. Mais tout le monde s'en tape. J'ai dit qu'on vivait dans un monde de merde qui ne m'apprécie pas à ma juste valeur ? Bah voilà. Monde de merde.
A part ça, j'aurais bien entrepris de rouler une pelle à Ella – ça détend, c'est toujours agréable, je mettrais ma main au feu qu'elle est pas contre – mais il faut qu'elle retourne le couteau dans la plaie. Ce serait trop long à expliquer. Je ne vais pas commencer à lui expliquer que j'ai passé entre trois et quatre mois en prison il y a quelques temps, et qu'en ma qualité de double ressortissant, je me suis renseigné sur le droit écossais et le droit français pour savoir ce qui allait me tomber dans la gueule dans chaque cas, selon l'endroit où je commettais une petite infraction. Ce n'est pas reluisant. Si ça venait à passer en coups et blessures, je serais bien embêté. Je me contente de lever les yeux au ciel, en poussant un soupir exaspéré. Et j'en profite pour discrètement me pencher en arrière, en plaçant un bras derrière-moi de manière à m'appuyer dessus et me détendre. Ce n'est pas que pour me donner un air nonchalant. C'est aussi pour, petit à petit, passer un bras sur les épaules d'Ella si l'envie me prend.

Et sa blonde, sa blonde. A croire qu'Ella fait un concours de la phrase la plus agaçante qui soit. Après s'être plantée pour la prison, parce que j'ai de vraies raisons de m'en faire, voilà qu'elle me rappelle ma blonde. Si j'avais fait comme mon australienne, on serait déjà ailleurs, peut-être en train de faire des choses relativement intéressantes. C'était complètement con de ma part de vouloir arranger la situation. Je ne suis pas ce genre de mec, je ne sais pas ce qui m'a pris.
Peut-être la testostérone.
Ou la bière. Avec les pintes que je me suis enfilé, sans avoir trop mangé avant, ça a du me donner une certaine appréciation du danger.

« Ouais ouais. ». Je ne vois pas ce que je peux répondre d'autre au fait d'aller en prison, hormis tout lui déballer. Lui exposer en trois parties et sous-parties à quel point ça risque d'être l'enfer pour moi, par sa faute. A quel point puis-je compter sur Joe ? Est-ce que je peux aller lui graisser la patte un de ces jours, pour m'assurer qu'il se montre sympa ? Ca pourrait me coûter les yeux de la tête, il faut que je réfléchisse au bon montant. Trop, il va commencer à flipper et j'aimerais autant qu'il ne pose pas de questions à la police locale. Trop peu, je vais passer pour un guignol. Faut que j'y pense au calme. Ensuite, ça ira mieux. Rentrer, me pieuter et …
« Putain de bordel de merde. » Ma cigarette s'est éteinte. Je pense que le fait d'avoir juré en français ne leurre pas Ella sur mon humeur. Ce soir, j'aimerais autant qu'on ne me fasse pas chier. Parce que la vie est assez difficile comme ça en ce moment, merci bien. J'ai un job assez ordinaire, le monde regorge de créatures surnaturelles contre lesquelles je ne peux rien faire, je ne parviens pas à mettre n'importe qui dans mon lit et ça demande souvent de faire des petits efforts (engager la conversation, tout ça), Zola m'a largué. Pas exactement largué, mais il a quand même choisi son putain de Faë au lieu de moi il y a plusieurs mois. Ca ne passe pas. Je rallume ma cigarette et la nicotine me rassénère un peu. Tant que j'ai de quoi fumer, je peux être à peu près calme. C'est moche de me dire que je suis à ce point dépendant, et je ne veux pas imaginer la façon dont ça va flinguer mon corps, mais après tout j'ignore si je vais faire de vieux os.

Une bière, la soigner, s'envoyer en l'air ? Ca fait deux choses positives sur trois. Je lève les yeux vers Ella. C'est la pensée de Zola qui me fait peser le pour et le contre. En temps normal, je dirais sans politesse à Ella d'aller se faire voir, mais pas avec moi. Sauf que ce soir, je m'en sens un peu moins capable. L'abandon de mon frère m'a marqué. J'ai besoin de lire de l'affection, de l'admiration, n'importe quoi dans les yeux des autres. L'australienne dont j'ai oubié le nom était parfaite pour ça. Elle me bouffait des yeux, je me sentais en confiance. Maintenant il ne reste qu'Ella, et je ne suis pas certain d'apprécier sa blague. Elle retourne le couteau dans la plaie. Sauf que je vais avoir l'occasion de me venger si je désinfecte sa main. Avec les petits éclats de verre, je crois que mon côté cruel et vindicatif sera heureux. Si je lui fais mal en enlevant tout ça, ce sera de sa faute. D'autant qu'elle aurait pu choisir de faire un tour aux urgences pour s'en débarasser. C'est ça. Elle ne pourra s'en prendre qu'à elle.

« Je finis ma clope. » Ca, c'est juste pour lui casser les pieds. J'en vois déjà le bout, je vais pouvoir la jeter, mais ça fait du bien de la laisser attendre sous la flotte, Ella. « Sympa de savoir que j'étais une erreur, d'ailleurs ». Je me doute bien qu'elle voulait faire de l'humour, mais j'ai pas la tête à ça. L'humour, je ne l'accepte que quand il va dans mon sens, aussi. Je referme ma veste, me débarasse du mégot et me lève. Ca ne me fera pas de mal, un peu de pluie. Avec mon blouson, je n'ai pas froid. Je ne le propose pas à Ella. Elle n'apprécierait pas que je la couve, non ? Et puis j'ai pas envie. Je vais traîner un moment ma rancune, puisqu'évidemment elle est responsable de tout.

« On va aller chez toi. Mon frigo est vide. Tu vis où, déjà ? Je suis pas chaud pour qu'on rentre en voiture. J'ai bu, t'es éclopée, je le sens pas. »

Je ne sais pas ce qui me prend, mais j'ai presque envie de me montrer sympa. Ca doit être la bière promise qui me fait cet effet-là. Je passe un bras autour des épaules d'Ella. De manière protectrice, vous voyez le genre. Dieu merci, elle n'a pas mis de talons : j'aurais eu l'air fin sans pouvoir atteindre ses épaules.

« Allez, tu me montres ta main ? »

Ca n'avait pas l'air joli à voir, tout à l'heure. Je regrette presque de n'avoir rien pour l'aider, là, maintenant. D'un autre côté, l'eau est stérile. C'est pas une mauvaise chose qu'il pleuve en attendant. Ella est quand même un joli brin de fille, main ensanglantée ou pas. Une part un peu égoïste de mon être me suggère que finalement, une fille qui vous invite chez elle, même dans ces circonstances, peut être le signe d'une bonne soirée qui se profile.

« Il est passé où, d'ailleurs, ton nordique ? Il s'est barré ? »
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ELLARTHUR † raise your glass with me tonight.

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